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Pamiers – la ville aux 3 clochers
                                                 

Lorsque nous sommes arrivés à Pamiers en 1954 nous avons découvert une petite ville de 12 mille habitants environ charmante et prospère.
La plus grande ville de ce petit département de France frontalier avec l’Andorre que l’on confond souvent à tort avec l’Ardèche.
Située dans la plaine, à 60 km au sud de Toulouse, Pamiers n’est cependant que la sous-préfecture laissant la place à Foix célèbre par le château de Gaston III dit Phébus et située à 20 km au sud de la ville.
En 1295, le pape Boniface VIII érige Pamiers en évêché en récompense pour sa pugnacité face à l’hérésie cathare.
De nombreux ordres religieux s’implantent alors dans la ville.
Les Dominicains, les Franciscains, l’ordre du Carmel, les Augustins, les Clarisses, les Béguins et Béguines, les Jésuites etc.…
Tous ces ordres ont laissé de très beaux bâtiments pour la plupart encore présents, comme le lycée où j’ai fait mes études, et qui font la part belle à la brique « la brique foraine » chère à Toulouse et sa région.
Les garçons étaient installés dans un autre ancien séminaire aujourd’hui détruit.
C’est dans ce dernier bâtiment qu’enseigna un professeur qui deviendra célèbre, Marcel PAGNOL. De l’autre côté de la rue se situe le Carmel dont une partie servit de prison sous l’inquisition. Le courrier du célèbre auteur lui était adressé ainsi « Monsieur Marcel PAGNOL face à la prison ».
Jacques FOURNIER né à Canté près de Saverdun est d’humble origine. Son oncle maternel, Arnaud NOUVEL, alors abbé cistercien à l’abbaye de Fontfroide (Aude), fait son éducation religieuse.
Jacques FOURNIER succèdera à son oncle, nommé cardinal par le pape Clément V, à la tête de l’abbaye de Fontfroide de 1311 à 1317.
Le 19 mars 1317 il est nommé évêque de Pamiers.



Après avoir été nommé cardinal il deviendra pape en Avignon le 20 décembre 1334 sous le nom de Benoît XII.
Lors d’un séjour avec des cousins bordelais nous avions pris un guide privé pour la visite de cet imposant Palais épiscopal.
Nous étions en période de pic touristique. La jeune femme nous fit traverser à vive allure la cour d’honneur en préparatif pour le festival. Dans la première grande salle elle nous pressa pour éviter le groupe scolaire bruyant. Enfin arrivés dans les appartements des papes elle prit la parole et en vint à parler de Benoît XII et de toutes les transformations et agrandissements qu’il avait apportés à l’édifice.
Je ne pus m’empêcher de placer mon petit savoir en nommant Jacques Fournier évêque de Pamiers. Elle me regarda avec des grands yeux étonnés en laissant échapper un ah plat, sans intonation.
J’en rajoutais une couche en citant son passage à l’abbaye de Fontfroide. J’ai cru qu’elle allait me demander où se trouvait cet établissement, non, elle laissa échapper un AH ! un peu plus sonore.
Nous finirons la visite, au pas de course, sur les toits du Palais où la vue sur le pont Bénézet enjambant le Rhône était superbe.
Cette guide m’avait tellement énervée et contrariée par la médiocrité de son travail bâclé que je ne pus m’empêcher de rajouter :
« En 1960 alors que j’avais 17 ans, j’ai fait un grand voyage en compagnie de mes parents dans le sud de la France. Nous avons visité ce Palais. Je me souviens d’une tour qui avait une particularité auditive. Deux personnes se plaçaient dans les coins opposés de la pièce et une autre au centre.
Les deux personnes pouvaient se parler sans que la personne du milieu n’entende rien de leur conversation.
On ne visite plus cette tour ? »
Cette fois j’obtins une réponse « je n’en ai jamais entendu parler me dit-elle d’un ton sec ».



Maurice-Mathieu Louis RIGAUD né en 1912 à Avignon fut nommé évêque de Pamiers en 1961. Il fut alors le plus jeune évêque de France.
Un dimanche après-midi, après les vêpres et la séance de cinéma il arriva accompagné du curé et abbés de la paroisse Notre Dame du Camp devant les portes du cinéma Rex.
Cet homme grand et de belle prestance dans son habit de lumière me fit grande impression.
Il était en visite officielle pour prendre connaissance de l’ensemble des biens de l’Eglise dont les murs du cinéma faisaient partie.
Il serra la main de mon père et tendit cette même main à ma mère afin qu’elle embrasse l’anneau ecclésiastique.
Je ressentis alors une révolte, une sorte d’humiliation en voyant ma mère s’agenouiller légèrement et poser ses lèvres sur la bague ornée d’une grosse pierre violette.
C’était la tradition mais on aurait dit du haut de sa prestance le roi dominant son sujet.
J’avais déjà un peu tourné le dos à l’Eglise pour des petites expériences qui m’avaient fortement contrariée. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.
Pourtant je me marierai dans cette grande église de Notre Dame du Camp et j’y enterrerai mes parents.
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Gabriel FAURE est né à Pamiers le 12 mai 1845 et mort à Paris en 1924.
Son père est instituteur à Pamiers puis directeur de l’Ecole Normale des instituteurs à Foix.
En 1854, alors âgé de 9 ans, il entre à l’école Niedermeyer à Paris qui forme les organistes d’église.
Camille Saint SAENS et Gustave LEFEVRE seront ses maîtres et plus tard il aura comme élève Maurice RAVEL.
Il deviendra maître de chapelle à l’Eglise de La Madeleine et directeur du Conservatoire de Paris.
En 1927 le conseil municipal de Pamiers commande un buste de Gabriel FAURE au sculpteur André MERIC. L’inauguration aura lieu le 3 septembre de la même année.
Cette œuvre sera intégrée au rocher, au pied du Castella, tertre qui fut l’emplacement d’un château.

                                                 

Au printemps le parterre se parera de mille fleurs, crocus, pensées et plus tard tulipes.
En 1955, Jean DARDIGNA créera l’association « ASS musiques au pays de Gabriel FAURE ». De mai à novembre des concerts sont donnés dans différents hauts lieux de la ville comme Notre Dame du Camp ou la Cathédrale St Antonin pour rendre hommage au grand homme.
Il y a quelques années dans l’atelier de peinture dans lequel je suis élève depuis de nombreuses années, une collègue recevait la visite d’un ami musicien.
Après mille palabres, cet homme jovial nous invita toutes, nous étions tout de même une trentaine, au concert qu’il donnerait en compagnie de quelques instrumentistes sur la musique de Gabriel Fauré.
Ah Marseille, ville de rencontre et de tous les possibles !
Et alors, mon petit côté « je pense me rendre intéressante » ressurgit et je dis « savez-vous où est né Gabriel Fauré ? » non me dit-il, où ça ? « A Pamiers dans l’Ariège ». Et là avec un grand sourire et la mine ébaudie comme seuls savent le faire les provençaux «  c’est où l’Ariège ? ».
Bien des personnalités sont nées ou liées à la commune.
Parmi elles :
LEONARD (1758-1826) coiffeur de Marie-Antoinette.
Jeanne GAUSSAL (1879-1963) épouse du Pr Paul Doumergue
Michel ROQUEJEOFFRE (1933 – général d’armée qui a dirigé les forces françaises pendant la guerre du Golfe et dont le père était un grand chirurgien de la ville.
André TRIGANO ancien maire.
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Tous les jours ou presque maman disait « je vais aux commissions ». Alors munie d’un cabas et de son petit porte-monnaie elle allait s’approvisionner chez les commerçants.
Elle avait ses habitudes et le choix car il y avait plusieurs commerces de même catégorie et dans tous les quartiers.
Les rues qui convergeaient presque toutes vers la place centrale de la république étaient jonchées de commerces de toutes sortes : les bouchers, charcutiers, boulangers, pâtissiers, épiciers, poissonniers, mais aussi magasin de tissus, maroquinerie, coiffeurs, bijoutiers, quincaillers, magasins vestimentaires, chausseurs, buralistes, marchands de meubles, librairies-papèteries, merceries, photographes et tous les cafés grands ou petits. Il y avait même « les Nouvelles Galeries » notre premier supermarché où l’on trouvait de tout.
Je n’oublie pas les trois cinémas, le Municipal, le Familia et le Rex.

Le samedi matin maman se rendait au marché place de la république mais aussi face au Théâtre Municipal où des petits paysans venaient vendre leurs œufs et leurs volailles.
Maman préférait les acheter vivantes. Arrivée à la maison elle donnait un coup de couteau dans la carotide de la volaille et le sang était récupéré dans une assiette. Une fois caillée la « sanguette » était passée à la poêle. Plumer, vider, tout ça n’avait pas de secret pour maman.
Nous pouvions avoir recours aussi aux petits métiers ambulants : le ramoneur, le rémouleur qui aiguisait couteaux et ciseaux, « le pelharot » qui ramassait les peaux de lapins et les chiffons, le cardeur qui s’installait devant la maison, posait le matelas à refaire sur des tréteaux, retendait la laine et changeait la toile.
Le garde-champêtre, lui, se plaçait sous la fenêtre de ma chambre au carrefour de plusieurs rues et après avoir fortement frappé sur son gros tambour clamait « avis à la population ».
Chez nous le facteur passait presque tous les jours. Mes parents recevaient beaucoup de courrier mais aussi une fois par mois un petit mandat d’un locataire. Ce facteur avait été trépané après la guerre mais l’administration l’avait tout de même engagé. Cependant il avait l’esprit lent et avant de remettre les lettres il s’y prenait à plusieurs fois et pour les billets il les prenait fortement dans ses doigts et les frottait au moins dix fois avant de les poser sur le coin de la table de la cuisine. Il fallait s’armer de patience sinon il s’énervait vite.
Cet homme avait un fort handicap mais n’a jamais commis d’erreur.
Que dirait-il aujourd’hui à propos de ses collègues ?
La vie d’alors était conviviale car au détour de toutes ces visites chez les commerçants ou des pauses dans les cafés les langues allaient bon train.
Les nouvelles se communiquaient de bouches à oreilles c’était dix fois plus rapide que de lire le journal et puis dans le journal il n’y avait pas « les petites nouvelles ». Celles que l’on rapportait à la maison et qui nourrissaient les conversations.

L’année de mes 15 ans, en 1958, j’ai été invitée à une « surboum » que l’on appelait plus souvent « boum ».
Ce nouveau loisir était signe de fêtes mais aussi de rencontres entre garçons et filles qui n’en n’avaient pas souvent l’occasion.
Mes parents étaient contre cette pratique trouvant ces approches dangereuses.
Bravant le danger, je me rendis rue de la république au premier étage comme on me l’avait indiqué.
J’entrais dans une pièce sombre, enfumée, volets pratiquement fermés. J’avais du mal à reconnaître certains visages, d’autres m’étaient totalement inconnus. Au fond de la salle des garçons s’affairaient autour d’un tourne-disque pour changer les 45 tours à leur guise. Les premiers DJ.
On dansait sur la musique de Bill HALEY, de François DEGUELT, de Franck SINATRA, d’Hary BELAFONTE, de Ritchie VALENS, d’Elvis, d’Henri SALVADOR  … on buvait des jus de fruits, des limonades, les plus osés buvaient de l’alcool.
L’ambiance était joyeuse. Le moment crucial c’était le slow. Premières sensations, premiers émois, premières tentatives. Cela paraît complètement désuet aujourd’hui.
Jacques s’approcha de moi et plaça ses deux mains sur mon pull à l’endroit même de mes seins et posa en même temps ses lèvres sur les miennes.
Ce fut furtif, délicieux. Il se produisit à l’intérieur de mon petit corps un bouleversement et beaucoup de questionnements.
Mes parents comme beaucoup de parents à notre époque n’avait pas fait mon éducation sexuelle et ne la feront pas.
Lorsque j’ai eu mes règles pour la première fois ma mère me dit « maintenant ce sera comme ça tous les mois. Il faudra mettre des serviettes, je te montrerai … et ce fut tout ».
Pendant des années je n’ai pas su à quoi servait cette perte de sang qui me faisait tellement souffrir.
Il m’arrivait d’aller à l’infirmerie pendant les cours. On me donnait un cachet, je me reposais un moment et hop retour en cours.
Le silence régnait autour de ce mystère.
Tout n’était pas rose pour nous les filles. Les garçons avaient tous les droits. Nous devions lutter contre tous ces interdits que l’on mettait sur nos têtes.
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Mr et Mme SAUBAT vinrent s’installer comme photographes place du Camp.
Ils ont tout de suite sympathisé avec mes parents parce que le papa de Mr SAUBAT avait un cinéma à la Réole.
Quelques temps plus tard ils créeront un ciné-club, activité alors inconnue dans l’Ariège.
J’ai été tout de suite intéressée par ces soirées qui projetaient des films hors circuit commercial. A la fin de la séance beaucoup de spectateurs n’assistaient pas aux débats mais ceux qui restaient étaient très attentifs et réactifs.
Je fus fortement impressionnée par « un chien andalou » de Louis Buñuel. Ce court métrage d’après les rêves de Louis Buñuel et Salvador Dali traite du surréalisme.
Des images fortes, dérangeantes, violentes et saugrenues qui marquèrent l’adolescente que j’étais.
J’ai été également fortement marquée par « l’île nue » du japonais Kanéto Shindö. Un film sonore sans dialogue qui raconte la vie d’un couple d’agriculteurs vivant sur une île aride. Ils devaient effectuer sans arrêt sur leur petite barque un aller-retour sur le continent pour récupérer de l’eau douce.
La musique accompagne merveilleusement ce film fascinant.
Il y eut le choc lors de la projection de « Nuit et Brouillard » d’Alain RESNAIS.
Une exposition de photos avait été installée devant la scène représentant des corps décharnés, des regards hagards, des bâtiments sombres entourés de barbelés. Mais qui étaient ces gens ? Quelques temps auparavant j’avais lu « le journal d’Anne Franck » j’avais donc une petite idée des côtés néfastes de la guerre et j’avais aussi en tête les récits de mes parents sur ces sombres années. Mais là c’était l’horreur !
Mais ce ciné-club ne passait pas que des films difficiles mais certains plus ludiques comme « jour de fête » de Jacques Tati et bien d’autres.
Ces ciné-club aujourd’hui pratiquement disparus permettaient de voir des films moins commerciaux mais surtout éveillaient nos esprits sur d’autres mondes lors des discussions et échanges de points de vues.
Quelques années plus tard, dans les années soixante-dix, au cinéma « Le Lido » à Castres dont nous étions propriétaires, nous avons aussi créé un ciné-club activité également nouvelle dans cette ville.
Nous avons pu inviter des grands metteurs en scène comme Claude AUTAN LARA, Bertrand TAVERNIER, Louis MALLE et bien d’autres …
Des moments passionnants.
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Papa était chasseur, sans chien.
Les parties de chasse se faisaient lors de nos passages ou séjours à la ferme de Tonton Marc et Tantine Henriette. Le chien de la famille assurait le travail. Il n’avait pas vraiment de race définie mais il avait un regard craquant et suivait mon oncle comme son ombre.
Aux repas il faisait le tour de la table pour quémander un bout de nourriture et une caresse.
Il n’avait pas son pareil pour débusquer avec joie la caille ou le perdreau, comme le chante si bien Jean FERRAT.
Mais à Pamiers point de chien.
Cyprien, l’ami de papa, aimait aussi la chasse. Il partait fusil en bandoulière sur son vélo portant sur le porte-bagage une caisse en bois dans laquelle trônait son chien, un petit épagneul, il me semble  (espagnol breton comme dira mon petit-fils).
Mais chez lui, dans un enclos, il y avait un autre chien, un magnifique pointer blanc tacheté de marron. Son maître disait qu’il ne pouvait pas l’emmener à la chasse parce qu’il avait peur des coups de fusil, un comble pour un chien de chasse.
En réalité c’était une chienne, prénommée « Akka ». Cyprien en fit cadeau à papa qui avait dit : je vais l’amadouer et elle n’aura plus peur.
L’apprentissage ne fut pas aussi facile que prévu. Au moindre coup de fusil Akka se réfugiait dans les jambes de mon père ou contre un bosquet. Mais papa était patient et petit à petit cet animal élégant et intelligent remplit son rôle à merveille.
Dans la maison sa place était à côté de la cuisinière dans une caisse dans laquelle maman avait placé des chiffons. Sa grandeur le gênait un peu pour faire sa petite ronde avant de se coucher mais il s’en accommodait.
Il suivait mon père partout, papa ne sortait plus sans son chien car s’était bien le sien. Même si Akka aimait bien mes caresses et la nourriture que lui préparait maman c’était bien à mon père qu’elle donnait toute son affection et sa fidélité.
Au cinéma aussi elle avait sa place, dans un réduit, sous l’escalier du balcon, dont la porte restait ouverte. Ainsi pendant toute sa vie Akka a assisté à des séances de cinéma sans le savoir.
Le matin papa avait des occupations. La banque, la poste, le collage des affiches … dans certains établissements la chienne n’était pas admise. Papa lui disait « reste là, je reviens » et il retrouvait la chienne à la sortie.
Assez souvent, le plus simple était de la laisser devant les portes du cinéma pour faire ses courses.
Alors il disait à son chien « reste là, je reviens ! » en lui caressant le dessus de la tête. Mais en arrivant à la maison très souvent papa avait oublié le chien. J’étais alors désignée pour aller le récupérer. Akka était là, stoïque, attendant avec une conviction inébranlable que l’on vienne la chercher.
Elle était connue dans le quartier du cinéma, les passants lui donnaient une petite tape sur la tête en pensant « Monsieur BROS a encore oublié son chien ! ».
Nous faisions à toute vitesse le chemin de retour vers la maison mais Akka courait plus vite que moi et nous arrivions essoufflées mais elle triomphante.
D’autres chiennes succèderont à Akka et feront la joie de mes enfants mais aucune ne la remplaçera dans mon cœur. Elle fut mon amie, ma confidente d’enfant unique.

                                                 
                Akka à l’arrêt                                                        Akka et papa

                                                                   A suivre …

                 






    
 








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