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L’ANNEE DE MES 7 ANS
 
L’année de mes 7 ans fut particulièrement riche en évènements, où tout du moins a marqué ma mémoire d’une façon indélébile.
A cette époque nous fêtions « les étrennes ». On rendait visite à des voisins ou des amis.  En échange d’une bise et d’une « BONNE ANNEE » bien sonore, on recevait des chocolats ou une petite pièce de monnaie.
Au matin de ce 1° Janvier 1950, quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître devant la porte d’entrée de notre appartement mon institutrice Mme SCHWARZKOPF. Elle tenait dans ses mains un joli paquet spécialement à mon intention.
« Tiens, me dit-elle, c’est pour te récompenser de ta gentillesse lorsqu’on m’appelle au téléphone ».
J’ouvrais devant elle le paquet, et à ma grande surprise je découvrais un livre de la bibliothèque « Rouge et Or » : ALICE AU PAYS DES MERVEILLES. A l’époque on n’offrait pas des livres facilement, cela revêtait souvent un caractère d’exception.
Le motif de ce cadeau mérite une petite explication : Nous habitions au-dessus du cinéma  « le Familia », juste en face de l’école. Lorsque mes parents ont construit ce cinéma, ils n’avaient pas prévu une entrée indépendante pour l’appartement. Aussi fallait-il tout d’abord descendre dans la cour, traverser le cinéma, pour enfin se trouver dehors. Ce n’était vraiment pas pratique. Par contre, mon père, qui était un homme d’avant-garde, avait installé « le confort » : une salle de bain, une vraie cuisine et ….. le téléphone. Nous n’étions pas nombreux à avoir cet objet à la maison. Lorsqu’on tournait énergiquement la manivelle qui se trouvait sur le côté de l’appareil, on parlait à une opératrice, on lui demandait le numéro du correspondant et on attendait. Le 32 à Lormont c’était notre numéro.
Mme SCHWARZKOPF, directrice de l’école maternelle, avait un logement de fonction dans les bâtiments de l’école des filles qui était aussi celui de la mairie, bâtiment situé juste en face de chez nous, comme je l’ai dit plus haut.  Assez souvent on appelait notre directrice qui avait surement donné notre numéro et j’étais toute désignée pour descendre à toute vitesse dans la cour, traverser le cinéma, la rue, franchir la grille de l’école et repartir par le même chemin en sa compagnie.
Je revois très nettement l’image de mon institutrice me tendant ce cadeau, j’en ressens encore aujourd’hui une très forte émotion. A la lecture de ce livre, du haut de mes 7 ans, je me suis identifiée à ALICE et son monde merveilleux. J’ai toujours ce livre dans ma bibliothèque.
 
               
 
                      
Le 8 avril de cette même année j’ai soufflé mes 7 bougies. Mon père debout près de la fenêtre de la cuisine me dit très solennellement : « maintenant tu as l’âge de raison ».
Bien papa ! Mais c’est quoi l’âge de raison ?
                                      
Le 8 Juillet de cette même année nous étions invités au mariage de Pierre BOYER et de Thérèse CAPDEVIELLE, des amis de mes parents. Avant la guerre, alors âgé de 7 ou 8 ans, Pierre, un petit Lormontais passait souvent à vélo, après l’école, du côté de l’épicerie de mes parents. Un jour Papa lui dit : « si tu veux de l’argent de poche, petit, tu peux aller faire les livraisons avec ton vélo, mais seulement après la classe ». Depuis ce jour Pierrot fit partie de notre famille. Plus tard il devint plâtrier. Papa lui confia le chantier de notre nouvel appartement au-dessus du cinéma, il avait 17 ans. Pendant les travaux, Pierrot déjeunait tous les jours avec nous. A la fin du repas il confectionnait des « poupées » avec les serviettes de table, cela m’émerveillait du haut de mes 5 ans. Je l’appelais « blanchous » parce qu’il était toujours blanc de la tête aux pieds. Au retour de son service militaire il rencontra Thérèse, une jolie jeune fille qui habitait avec ses parents, frère et sœur dans une grande ferme à Salleboeuf. Pour la circonstance, maman m’avait fait faire pour une très jolie robe longue en taffetas bleu clair avec des petits nœuds en surimpression. J’avais également une aumônière assortie dans laquelle je glissais un mouchoir. C’était ma 1° robe longue, une robe de princesse. Avec Yvette, la sœur de Pierrot qui avait presque la même robe que la mienne, nous nous sommes amusées toute la soirée à tourner sur nous-mêmes et se baisser brusquement mais pas trop, ainsi les robes se posaient comme des cloches. On riait aux éclats.
Quelques jours plus tard, notre maîtresse, Mme BROUCARET, nous dit qu’elle recherchait une petite fille blonde aux cheveux longs et possédant une robe longue pour jouer le rôle de la rosière dans le spectacle de fin d’année. Je levais immédiatement le doigt et je fus prise pour le rôle. Je n’avais d’ailleurs pas de mérite car j’étais la seule à avoir une robe longue.
Nous avons joué ce spectacle sous le préau de l’école des garçons, sur une estrade dressée à cette occasion comme chaque année. Le parterre de spectateurs était composé presque exclusivement des parents. C’était Nanou GAZEL qui tenait le rôle du garde- barrière et l’on chantait : « un p’tit train qui court dans la campagne, un p’tit train s’en va de bon matin … Nous avons eu un grand succès, les parents étaient des spectateurs admiratifs sans condition.
--- La rosière
 
Propriétaire : C. Bros-Rouquette  Support Technique J-P Perrault

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